Les NFT sont-ils une invention inutile ?
La nouvelle en a surpris plus d’un pendant la campagne présidentielle : Donald Trump, toujours à la recherche de la martingale qui le ferait gagner, toujours en quête de nouvelles clientèles, s’est lancé à fond dans les cryptos. Un univers dont il a découvert qu’il ne pouvait pas être peuplé uniquement d’escrocs, de drogués et de hackers. Un univers un peu secret et qui ne peut s’exprimer ouvertement tant les institutions officielles leurs sont hostiles. En résumé, Donald Trump a trouvé inique le discrédit dans lequel les gens bien nés s’efforcent de maintenir les crypto, ses gens, ses techniques et ses bonus.
Il a donc, pour montrer qu’il ne soutient pas qu’un peu les cryptos, décidé de lancer sa gamme de NFT, à son effigie. Il a fait ainsi coup double : il a amplifié son audience et réconcilié les fondus de crypto avec l’Amérique et, récoltant de la notoriété, il a encaissé au surplus le produit des ventes des NFT « Donald » montrant ainsi l’exemple d’une économie décomplexée.
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Les NFT, une nouvelle catégorie d’actif financier
Il n’est pas ici dans mon intention de faire de la politique. Si le nouveau président a voulu s’appuyer sur ce nouveau vecteur de communication que grand bien lui fasse. Cela montre surtout qu’une nouvelle catégorie d’actif financier a émergé depuis quelques années.
Par rapport à la simple création de fichiers informatiques artistiques, comportant des images, de la musique etc., les NFT ajoutent les mérites de la blockchain dont ils sont indissociables. Un pur fichier, cela se pille aisément. Un fichier inscrit sur la blockchain, à l’inverse, est pratiquement inviolable. Cela tient à ce que la blockchain, sur le plan de sa conception informatique, fige et crypte les données qui y sont inscrites.
Les NFT, une aide aux créateurs d’œuvres d’art informatiques
Un NFT qui porte la représentation d’un Donald Trump triomphant auréolé de gloire et enveloppé dans le drapeau américain est incorporé dans la blockchain avec toutes ses caractéristiques informatiques, datées et notées. Il devient donc immuable et les tentatives de s’en saisir se heurtent justement à cette inscription, à l’horodatation, à l’incapacité de briser les codes d’accès à ces enregistrements.
C’est ainsi que tend à se former un véritable marché des œuvres d’art informatiques. Parmi les premières, les fameux auto-glyphes, des dessins informatiques générés par des algorithmes. Puis, bien évidemment, se sont multipliés les non moins fameux Bored Apes ou les gentils kitties. Les marchés de ces « œuvres » ont donné lieu à de furieuses batailles à coup de milliers de dollars, pour retomber un peu plus tard. Il n’en demeure pas moins que, prise sérieusement, et toute « greed » mise à part, la technique des NFT donne de réels moyens à la création artistique. Elle n’aide pas les créateurs à créer, elle leur permet de protéger leurs créations et de leur éviter de les voir pillées, copiées, démultipliées. Elle leur permet aussi de valider les processus d’échanges et de ventes, rassurant les investisseurs et facilitant les achats et surtout les paiements.
Par Pascal Ordonneau
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