Moins de crédit, davantage de fraudes au crédit. Épisode 1 (sur 4).

Moins de crédit, davantage de fraudes au crédit. Épisode 1 (sur 4).

Depuis 2019, dans l’indifférence, la France est entrée sournoisement dans le rationnement du crédit immobilier aux consommateurs. Motif ? L’ensemble des emprunteurs particuliers français détiendrait trop de crédit. Subite poussée de chaleur macro-prudentielle. Une politique supposément altruiste, en réalité de pénurie, a tenté de faire baisser les prix de l’immobilier. Plutôt raté. Les prix de l’immobilier demeureront élevés, tant qu’il manquera des biens pour répondre aux élémentaires besoins de logements des Français.

La crise du logement s’incruste. La Banque de France nous émerveille : « les données surprenantes sont désormais moins nombreuses » (mai 2024) ; sa capacité à analyser les bruits nous rassure. Son monde du crédit est en ordre.

Bien sûr, la baisse, historique et inaperçue, de l’encours des crédits immobiliers aux particuliers (1.283 milliard d’euros, à fin 2024), conséquence de l’effondrement des nouveaux crédits immobiliers aux Particuliers (même pas 14 milliards d’euros accordés, pour le dernier mois de 2024, contre 20 milliards pour le mois de décembre 2020 et vu du pic historique : 38 milliards d’euros au mois de janvier 2017) n’est pas la fin du crédit immobilier. Il reste actif. Assurément, ne pas charger des emprunteurs insolvables de crédit est une bonne chose, en toute circonstance. Pourtant : le surendettement est au plus bas et n’a pas pour cause le crédit immobilier. Pourtant : des emprunteurs solvables sont privés de prêt immobilier. Et : le logement est en panne. Une gabegie considérable.

 

Pour aller plus loin :

 

Heureusement, la France dispose d’un merveilleux dispositif de distribution bancaire indépendant : celui que composent les courtiers en crédit, les mandataires de banques, et leurs équipes, salariés ou mandataires[1]. L’utilité de ces intermédiaires bancaires est immense, quels que soient les paramètres économiques : taux élevés, taux bas, taux en hausse, taux en baisse, banques prêteuses ou réservées. Les agences directes des banques ferment à grandes brassées et disparaissent. Les banques déconsidèrent leurs équipes commerciales avec méthode. En toute saison, leur « culture » de la relation avec les clients atteint des records de températures négatives. L’expertise en crédit immobilier a fugué : fuyant les agences bancaires, elle s’abrite chez les courtiers en crédit. Certes, il faudrait que les banques abordent leurs relations avec ces derniers sous un meilleur équilibre. Ce dernier arrive, peu à peu, par la force du changement. Pour la première fois, depuis des décennies, les banques subissent la transformation profonde de la banque de détail. Le modèle historique dit « de banque universelle » a vécu.

(à suivre : deuxième épisode de cette série).

[1] « Réussir un crédit immobilier » « Qui propose des crédits immobiliers ? » chez Arnaud Franel Editions.

 

Par Laurent Denis

www.endroit-avocat.fr

Photo de M. Laurent Denis

Ouvrages de Laurent Denis aux éditions Arnaud Franel :
Réussir son crédit immobilier

 

Pour aller plus loin :

 

 

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Laurent Denis
Laurent Denis est avocat et formateur.

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